Marc Mascaux et Robert Mawet, deux cinéphiles, consacrent un livre aux cinémas de Charleroi.

C’était au temps où la rue de la Montagne vivait, où le public découvrait sur la toile les performances d’actrices et d’acteurs aujourd’hui inscrits dans la légende, s’émerveillait devant les premiers films en couleur et en cinémascope. Cet univers-là, Marc Mascaux et Robert Mawet ont décidé de nous le faire revivre en publiant aux éditions Le Carnet un ouvrage inédit consacré à l’histoire des cinémas de Charleroi.


Choisissant l’angle géographique, de la ville haute à la ville basse, ces deux passionnés et collectionneurs du septième art nous content ces enseignes révolues en s’appuyant sur un grand nombre de documents qu’ils ont collecté pendant plusieurs décennies. Affiches, programmes, tickets, photographies de façades aujourd’hui disparues et articles de presse composent une partie de la riche documentation qui alimente ce livre de 160 pages. Quelques noms d’enseignes aujourd’hui oubliés nous rappellent que la métropole carolo était alors l’une des mieux distribuées de Belgique. Dans le centre de Charleroi, on dénombrait 23 salles de cinéma dont certaines comme l’Eldorado passaient certains films en exclusivité. C’est là que fut projeté par exemple le premier film parlant de l’histoire du cinéma, Le Chanteur de Jazz, lors d’une soirée de gala le 15 novembre 1929.

Des débuts en 1906

« Selon nos recherches, la première salle de cinéma à Charleroi a été ouverte au Grand Cinématographe en 1906. Pendant de nombreuses années, l’offre cinématographique était plus riche à Charleroi qu’à Namur, par exemple. Les salles y étaient prestigieuses », relève Robert Mawet. Une photographie retrouvée permet d’attester que Le Grand Cirque Cinéma Américain, qui était alors une exploitation foraine, s’est installé Place du Manège dès 1897.


L’ouvrage de Marc Mascaux et Robert Mawet ne manque pas d’anecdotes. Ainsi, on y apprend notamment que le succès carolorégien du film La Maja nue a été en partie provoqué par une réaction paroissiale. « Le curé était outré par l’affiche présentant Ava Gardner dans une position lascive. Il a interpellé l’exploitant du cinéma qui a demandé à l’affichiste d’apposer un calicot mentionnant le mot censuré, ce qui n’a pas manqué d’éveiller la curiosité des spectateurs », rapporte Marc Mascaux. Le livre « Histoire des cinémas de Charleroi » est disponible au prix de 25 euros auprès des librairies Molière, Huwart, Denistoys & BD ainsi qu’au musée de la photographie.

Chroniqueur et photographie : Thomas Léodet