Branchez les guitares – FDM x LFSM

Un trio d’artistes féminines a donné rendez-vous au public pour clôturer un festival d’actions au nom de l’égalité femmes-hommes. Les Femmes S’en mêlent, associées aux Femmes de Mars, ont mis les petits plats dans les grands pour l’occasion… Dans la grande salle de l’Eden, Reinel Bakole a envoûté, Charles a électrisé et puis Camilla Sparks a complètement catapulté un public en mode charbon ardent.

Top de fin

Le mot d’intro du mini festival avait des allures de cérémonie de clôture, avec la présence de Margaux Joachim, qui fait partie de la coordination de la plate-forme Femme de Mars. « Aujourd’hui, c’est la fin d’un mois qui a été assez dingue ! C’était une année millésime », nous confiait-elle, avant de laisser la place aux artistes.

Margaux Joachim © Séverine Bailleux

Reine du néo-soul

Les lumières se font tamisées et orangées pour offrir une arrivée plutôt sensuelle à Reinel Bakole. La jeune belgo-congolaise est une perle venue tout droit d’un monde où la danse est reine, et où la délicatesse inonde de chaque note. De sa prestation on ressent comme le souffle d’une nature où la soul aurait muté avec la poésie, pour nous entraîner dans une fabuleuse expérience scénique.

Reinel Bakole © Séverine Bailleux

Red-haired angel

Cheveux rouges, combi de cuir, et puis surtout, une voix à tomber par terre ; le deuxième acte s’ouvre sur Charles. Malgré une angine blanche, l’artiste a électrisé son public, venu en nombre pour l’applaudir. La Belge de 20 ans est une étoile montante du plat pays, et l’on risque bien d’entendre beaucoup parler d’elle. Imaginez une prestance à couper le souffle, couplée à un talent extraordinaire, ajoutez-y un capital sympathie high level, et vous pourrez imaginer ce moment suspendu, divin.

Charles © Séverine Bailleux

Crazy Camilla Sparks

C’était la plus attendue des artistes pour les fans d’un genre plus pointu et décalé. Et nous nous sommes régalés. Enflammés dès les premières notes électro-punk et puis carrément galvanisés au son de sa voix, nous avons passé un concert en communion totale avec cette musicienne suisse. Avec ses longs cheveux blonds et ses pieds nus, elle force le respect, derrière ses platines et synthés… Et nous emmène au moins aussi loin que le cosmos. Une vraie révélation !

Camilla Sparks © Séverinne Bailleux

FDM, this is the end

Quelques heures plus tôt, les membres du collectif Femmes de Mars se réunissaient pour un pot de clôture, à leur QG du Passage de la Bourse. Votre Magazine Sixmille.be a rencontré Florence Machtelinckx, stagiaire au PAC (Présence Action Culturelle) Charleroi et Célia Rifaut, stagiaire au sein de Vie Féminine Charleroi-Thuin. « J’ai adoré les spectacles, les ateliers créatifs, et puis surtout la journée du 8 mars, forte en émotion. Je me sens nourrie par cette expérience », explique Florence. Cette édition fut une première pour les deux étudiantes. « J’ai réalisé toute la force d’une cohésion de groupe. Toutes et tous ensemble pour la même cause et avec les mêmes valeurs, c’est porteur, c’est Femmes De Mars », ajoute Célia.

Le collectif Femmes de Mars © Séverine Bailleux

Une mixité essentielle

Elles saluent l’implication masculine lors des différents événements, et même lors de la manifestation, qui a rassemblé plus de 400 personnes dans les rues de Charleroi. « Se dire qu’on a des alliés, c’est très porteur », dit Célia.

« C’est une mixité aussi dans le type de public, car l’offre était très variée », enchaîne Florence, « et puis le fait qu’il y ait un lieu, un QG, avec une vraie visibilité, ça a contribué au succès de cette année… On espère que l’année prochaine, on aura encore un endroit tel que celui-ci, au Passage de la Bourse », conclut-elle.

Grossophobie et décolonisation

Pour Célia, « le mouvement féministe évolue avec son temps car il est à l’écoute de la société, du public. C’est comme cela que cette année, nous avons abordé des thématiques comme la grossophobie ou la décolonisation ». Quoi de plus normal, avec un tel enthousiasme, que Célia et Florence comptent bien continuer à s’investir pour Femmes de Mars en tant que citoyennes actives !

À vos agendas, rendez-vous en mars 2023 !

Chroniqueuse : Sophia Walraevens
Crédit photos : Séverine Bailleux