Pour préparer la solide soirée-concert à La Consoude jeudi 11 août 2022, nous sommes allés à la rencontre des artistes touche-à-tout du groupe expérimental électro-no-wave à l’affiche.

Le duo se dédie à l’expérimentation vidéo et musicale, la sculpture, l’installation et aux performances. La première frimousse de cette bête bicéphale se prénomme Priscilla. La seconde, Edgar.

Ensemble, ils forment Moren Siren, groupe électro-moite actif depuis 2016 avec déjà (bientôt) quatre albums sous le coude.

Bonjour Mono Siren. Vous venez jouer à La Consoude, jeudi 11 août 2022, nous serons ravis de vous accueillir car on vous adore ! Est-ce que Charleroi vous connait déjà ? 

Edgar : Nous avons déjà joué deux fois à Charleroi, au Rockerill il y a quatre ans ainsi qu’au Vecteur début 2022 en mode solo. A La Consoude, vous aurez la chance de nous voir tous les deux sur scène ! 

Pour les personnes qui ne vous connaissent pas, comment vous présenteriez-vous ? 

E : Mono Siren, c’est un duo musical de synthétiseur qui va du funk au punk en passant par les slows. Le punk-funk présente une originalité musicale, nous sommes peu à évoluer dans ce style.

Priscilla : Mono Siren est un duo électro-chanson-française pouvant évoquer les années 80. Je m’occupe du chant et de la voix mais j’interviens aussi en tant que personnage dans les mises en scène. Edgar crée, compose la musique. Nous travaillons aussi bien à quatre mains pour les paroles qu’en amenant chacun des textes personnels.

Quelles sont les origines de votre projet ?

E : Nous nous sommes rencontrés musicalement lors d’un karaoké sur la Grand’place de Tournai. Le plus gros karaoké de la région, qui n’existe plus malheureusement ! Priscilla a brillamment chanté Joe le Taxi, ce qui a excité mon inspiration. Au réveil, le lendemain, nous avons attaqué un premier morceau, Sirène, repris d’une poésie des années 1830 que j’ai mise en chanson. Le reste s’est fait assez naturellement, d’album en album, s’inspirant de fables et de contes populaires. Nous allons bientôt sortir notre quatrième album.

P : C’était la première fois que nous faisions un karaoké ensemble, il y avait des pekets de toutes les couleurs, c’était magnifique. Nous nous sommes bien amusés. Je n’avais pas d’expérience musicale auparavant, et ça m’a beaucoup plu. En tant que plasticienne, ça m’a permis d’ouvrir un nouveau pan dans mes activités au travers de la scène, espace très vivant pouvant accueillir des performances en tout genre. La scène nourrit ma pratique artistique, ça m’ouvre des possibilités.

Vague à l’Âme, Joie Mode d’Emploi, Pourquoi les sirènes ont les seins cachés. Ce sont les titres de vos albums. Musicalement, à quoi s’attendre jeudi à La Consoude ?

E : Une proposition électro-punk, des sonorités synthé 80, de la boîte à rythmes. Au niveau des textes, ce sera humoristique et grinçant. Au-delà de la musique, il y a un jeu de scène qui va avec pour qu’on s’amuse. Je me sens comme un enfant sur scène avec mon synthétiseur, j’ai envie de m’amuser, de faire découvrir des choses que les gens n’ont pas tendance à écouter.

P: C’est de la musique pour faire la fête et bien rigoler ! Mais il ne faut pas tout dire quand même ! Vous pourrez voir des créatures… Ce sera moite, teinté d’ironie et de dérision.

Pouvez-vous me parler de vos influences artistiques ou musicales ?

E: J’ai été élevé au funk via le milieu familial. Je suis un amoureux des synthétiseurs, la new wave, la musique industrielle, la musique concrète (début de la musique électronique), par ex les débuts de l’EBM (A Split-Second, Braque), ou encore DEUX en minimal électro-pop. J’aime beaucoup les groupes en duo. J’aime les ambiances futuristes, je suis aussi inspiré par les mouvements Dada et Fluxus.

P : J’aime beaucoup Roland Topor, et l’époque Fluxus, le Théâtre Panique (Arrabal, Topor, Jodorowsky). Musicalement, j’admire Brigitte Fontaine, Catherine Ringer, Elli et Jacno, j’aime beaucoup. De façon générale, notre univers est d’inspiration surréaliste, composé de rencontres incongrues et d’interrogations sur l’espace domestique, le corps, la sexualité et la porosité entre le masculin et le féminin.

Quelle est la suite pour vous ?

P : Nous sortons d’une belle tournée en France, très stimulante. Avec Edgar, nous essayons de jouer environ deux fois par mois, rythme que nous tentons de garder pour que nos concerts soient réguliers sans prendre une place trop importante dans nos activités respectives. Nous aimerions programmer une nouvelle tournée en Italie, voire explorer d’autres pays comme l’Allemagne. C’est une belle surprise d’avoir découvert que les « non-francophones » adhèrent à notre univers, même chanté en français. Ils sont plus attentifs à la fantaisie et la mise en scène que nous apportons, et s’attachent moins aux textes. Leurs réactions sont plus spontanées.

Un dernier mot ?

E : A jeudi à La Consoude, ça va barder ! 

Merci Edgar et Priscilla, merci Mono Siren, nous serons là !

Pour aller plus loin :
Du son : https://monosiren.bandcamp.com/ 
Des vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCaH86cwGanFYD_3FLsYAQWQ/videos
Des réseaux sociaux : https://www.facebook.com/monosiren ou https://www.instagram.com/monosirenohoui/ 
Du site officiel : https://monosiren.wordpress.com/voir/ 

Les infos pour le concert :
Guinguette #5 : MONO SIREN / RE-MX / BRONCO
Jeudi 11 août 2022 (ouverture dès 19h)
La Consoude, 36 rue Bethleem 6000 Charleroi
Lien de l’événement : https://www.facebook.com/events/416413230470063 

Et pour finir, le dernier clip de Mono Siren : 
https://www.youtube.com/watch?v=cqAxDmR2-V8 

Une interview réalisée le 8 août 2022 par Jocrisse Mascarille